Le cheminement des réfugiés avant l’arrivée au Canada

Beaucoup d’entre vous se posent des questions sur la sécurité nationale et l’arrivée imminente de plusieurs réfugiés. Pour vous aider à vous faire une opinion éclairée, voici le cheminement des réfugiés dans les camps qui sont gérés par l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés. Ce sont ces réfugiés qui seront admis au Canada dans les prochaines semaines.

D’abord, que fait l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés? Selon leur site web, cet organisme est « une bouée de sauvetage pour les personnes déplacées à cause de la violence, des conflits et de la persécution ». On peut également y lire qu’il « met l’accent sur les besoins et les droits fondamentaux des personnes, tels qu’un logement, de l’eau, de la nourriture, la sécurité ».

Lorsque les réfugiés arrivent au camp, ils doivent d’abord se qualifier comme des réfugiés au sens de la Convention internationale sur les réfugiés de 1951. Ainsi, il faut que ces individus aient fuit leur maison et qu’ils soient incapables d’y retourner pour des raisons sérieuses comme la violence généralisée. Par ailleurs, les individus qui ont commis des crimes de guerre, qui sont des combattants ou qui ont commis des crimes sérieux ne sont pas éligibles. Ils ne peuvent donc pas résider dans les camps des Nations Unies et ne seront pas admis au Canada, car les réfugiés sélectionnés proviendront de ces camps.

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Puis, l’organisme identifie les plus vulnérables des réfugiés, typiquement les orphelins et les mères monoparentales et leurs enfants. Ce sont ces individus qui seront référés d’abord au programme d’hébergement à l’international. Ainsi, en 2014, l’organisme a référé seulement 103,890 individus sur un total de 14.4 million. Chacun de ces individus doivent rencontrer personnellement un membre du personnel de l’organisme. L’objectif de cet rencontre est de vérifier si l’historique de ces individus est consistant, par exemple, des l’agent peut poser des questions précises sur l’histoire de l’individu dans le but d’identifier des irrégularités, notamment en ce qui concerne la chronologie des évènements. Si l’agent est satisfait de cette rencontre, l’individu est ensuite référé à un officier du visa dans l’un des 28 pays qui participent au programme, dont le Canada. Cet officier va également faire sa propre enquête qui cherchera à vérifier si cette personne a pu être impliquée dans des activités terroristes de près ou de loin.

Au Canada, nous savons également que le dossier de l’individu est analysé à l’aide des bases de données de l’Agenda des services frontaliers, de l’intelligence canadienne, d’Interpol et de celles de alliés. Ainsi, en 2014, c’est 7 575 réfugiés qui ont été admis au Canada. Par le passé, ce chiffre était beaucoup plus élevé. Or, 60% des ces individus sont pris en charge par des organismes privés, alors que l’État en soutient environ 40%. En 2015, le Québec a reçu une enveloppe de 340,6 millions $ de la part du fédéral dans le cadre de l’Accord Canada-Québec sur l’immigration, pour s’occuper de l’accueil des immigrants et réfugiés et leur francisation.

Les organisations communautaires reçoivent l’équivalent de 1400$ à 1500$ par personne, par année, pour fournir divers services. Lors de son arrivée, le réfugié obtient une somme forfaitaire de 1000 à 2000$ selon qu’il soit seul ou avec une famille, pour l’aider à se procurer des vêtements, des meubles et le nécessaire à sa survie. Il reçoit de l’aide social selon les mêmes conditions que les autres québécois et peut réclamer une bonification pendant 9 mois s’il suit des cours de français. Ils profitent également de mesures d’insertion au travail, et ont accès, évidemment au mêmes services gouvernementaux que les québécois.

Ceci étant dit, c’est à tord que certains affirment que les réfugiés reçoivent plus d’argent que les personnes âgées: cette prétention se base sur un calcul erroné. Par ailleurs, les réfugiés arrivent avec une importante dette, car ils doivent rembourser le gouvernement pour les frais de leur voyage ainsi que le coût de l’examen médical lié au traitement de la demande d’immigration.

Sources :
Zane Schwartz, How UNHCR’s refugee-resettlement process actually works, Maclean, November 18, 2015.
Denise Proulx, Quel est le coût d’un réfugié? Journal de Montréal, 17 novembre 2015.